La Voix Vivante est une réponse à l’appel lancé dans Jérémie 6 ver­set 16 :

« Ainsi a dit l’Éternel : Tenez-​vous sur les chemins, et regardez, et enquérez-​vous des sen­tiers d’autrefois, quel est le bon chemin ; et marchez-​y, et vous trou­verez le repos de vos âmes ! […]» [1]

Ce mes­sage reçu une réponse claire de la part du peuple :

« […] Nous n’y marcherons point.»

Mal­heureuse­ment, con­sciente ou non, cette réponse décrit l’état d’esprit de toutes les généra­tions qui suivirent celles qui con­nurent les change­ments de dis­pen­sa­tions du sanc­tu­aire. En effet, ce qui car­ac­térisa leur apos­tasie fut le manque de con­nais­sances que leurs prédécesseurs avaient acquises en marchant selon les direc­tives divines. Nous présen­terons donc trois sit­u­a­tions qui dépeignent cette ter­ri­ble réalité.

La dis­pen­sa­tion du Parvis

Bien des années après leur entrée dans la dis­pen­sa­tion du parvis, l’Écriture nous rap­porte ce qu’il advint des enfants d’Israël suite à la mort de Josué et de sa généra­tion en ces termes :

« Et toute cette généra­tion fut recueil­lie avec ses pères ; et il s’éleva après elle une autre généra­tion qui ne con­nais­sait point l’Éternel, ni les œuvres qu’il avait faites pour Israël. Les enfants d’Israël firent alors ce qui déplaît à l’Éternel, et ils servirent les Baalim. » (Juges 2 : 10, 11)

Le manque de con­nais­sance est claire­ment présenté ici comme la rai­son qui poussa la généra­tion suiv­ant celle de Josué à désobéir à l’Éternel. Remar­quons que la pre­mière man­i­fes­ta­tion de cette apos­tasie fut la chute dans l’idolâtrie. À en croire Exode 24 : 12, l’instruction à l’égard de la loi fit défaut, et selon Deutéronome 6 : 6, 7, les par­ents con­tribuèrent à ce manque. Là-​dessus, l’Esprit de Prophétie apporte des précisions :

« La rai­son pour laque­lle les enfants d’Israël aban­don­nèrent Jého­vah, fut que la généra­tion qui s’élevait n’avait pas été instru­ite con­cer­nant la grande délivrance d’Égypte par la main de Jésus-​Christ. Leurs pères ne leur répétèrent pas l’histoire de la pro­tec­tion divine qui avait été sur les enfants d’Israël à tra­vers tous leurs voy­ages dans le désert […] les par­ents man­quèrent d’accomplir la mis­sion que Dieu leur avait assignée en enseignant leurs enfants avec assiduité, de sorte qu’ils auraient pu être intel­li­gents à l’égard des œuvres de Dieu en con­duisant son peu­ple à tra­vers le désert. » (Review and Her­ald, May 21, 1895 par.8)

Ainsi, en rai­son de l’échec de leurs par­ents, cette généra­tion ne reçut pas l’instruction néces­saire afin de con­naître Jého­vah (le Père) et Son Fils, Jésus-​Christ. Nous voyons ici le type des per­son­nes qui pensent servir Dieu, mais qui ne sont pas con­scientes de leur égare­ment fautes d’avoir été instruites.

La dis­pen­sa­tion du lieu Saint

Avec quelques dif­férences, cette his­toire se répéta après l’entrée de l’église dans la dis­pen­sa­tion du lieu Saint. En effet, Paul fit com­pren­dre aux dirigeants d’Éphèse que la véri­ta­ble con­nais­sance serait men­acée par l’infiltration de faux enseignants :

« Prenez donc garde à vous-​mêmes, et à tout le trou­peau sur lequel le Saint-​Esprit vous a établi évêques, pour paître l’Église de Dieu, qu’il a acquise par son pro­pre sang. Car je sais qu’après mon départ, il s’introduira parmi vous des loups ravis­sants, qui n’épargneront point le trou­peau ; Et qu’il s’élèvera parmi vous des hommes qui annon­ceront des doc­trines per­ni­cieuses, afin d’attirer les dis­ci­ples après eux. » (Actes 20 : 2830)

S’adressant aux Thes­sa­loni­ciens, il ajouta :

« Que per­sonne ne vous séduise en aucune manière, car [ce jour-​là ne vien­dra pas] que l’apostasie ne soit arrivée aupar­a­vant et que l’homme de péché n’ait été révélé, le fils de perdi­tion, qui s’oppose et s’élève con­tre tout ce qui est appelé Dieu ou qui est un objet de vénéra­tion, en sorte que lui-​même s’assiéra au tem­ple de Dieu, se présen­tant lui-​même comme étant Dieu. Ne vous souvenez-​vous pas que, quand j’étais encore auprès de vous, je vous dis­ais ces choses ?» (2 Thes­sa­loni­ciens 2 : 35 — Darby)

Paul avait com­pris que l’accomplissement de la prophétie rel­a­tive à la petite corne était à venir. Il com­pre­nait que pour détru­ire l’église et sa postérité, Satan devait d’abord neu­traliser ceux qui sont cen­sés la nour­rir de la Parole. C’est dans ce sens qu’il donna cette instruc­tion à Tite :

« Retenant ferme la parole de la vérité comme elle lui a été enseignée, afin qu’il soit capa­ble tant d’exhorter par la saine doc­trine, que de con­va­in­cre les con­tre­dis­ants. » (Tite 1 : 9 — Mar­tin 1744)

L’apôtre était con­scient que la trans­mis­sion d’un enseigne­ment pur n’est pos­si­ble que si les mes­sagers demeurent fidèles à la manière dont celui-​ci a été trans­mis. Et à son tour, Ellen White vient con­firmer que c’est ce qui fit défaut dans la généra­tion suiv­ant celle des apôtres :

« […] Mais après un cer­tain temps, le zèle des croy­ants, leur amour pour le Seigneur et leur prochain com­mencèrent à décliner. La froideur se glissa dans l’Eglise. Plusieurs oublièrent la façon mer­veilleuse dont ils avaient connu la vérité. L’un après l’autre, les vieux gar­di­ens de l’idéal tombèrent à leur poste. Quelques-​uns des jeunes servi­teurs de Dieu, qui, en partageant les charges de ces pio­nniers, avaient été pré­parés pour devenir de sages con­duc­teurs, s’étaient fatigués de ces vérités si con­nues. Ils désir­aient quelque chose d’inédit et de plus frap­pant; ils ten­tèrent alors d’introduire des nou­veautés plus agréables pour cer­tains, mais nulle­ment en har­monie avec les principes fon­da­men­taux de l’Evangile. Ils ne dis­cer­naient pas, dans leur aveu­gle­ment spir­ituel et leur con­fi­ance en eux-​mêmes, que ces sophismes allaient sus­citer le doute au sujet des expéri­ences du passé, et provo­quer la con­fu­sion et le scep­ti­cisme. » (Con­quérants Paci­fiques, p.516.1)

L’infidélité de cer­tains pas­teurs, dans la trans­mis­sion des enseigne­ments qu’ils avaient eux-​mêmes reçu des apôtres, fit que la majorité de leur généra­tion, et celles à venir, ne reçurent pas l’instruction capa­ble de main­tenir l’harmonie évangélique dans l’église. Mais à la dif­férence de la généra­tion qui suivit celle de Josué, celle de ces pas­teurs infidèles enten­dit les enseigne­ments des pio­nniers de l’église prim­i­tive. Et même lorsque ces derniers s’endormirent, leurs écrits con­tin­u­aient à par­ler comme s’ils étaient encore vivants. Nous avons main­tenant ici le type de ceux qui entendirent la saine doc­trine, mais qui ensuite s’en détournèrent.

La dis­pen­sa­tion du lieu Très Saint

Il nous faut main­tenant abor­der la troisième et dernière dis­pen­sa­tion. Et nous pou­vons dire, à la lumière d’Ecclésiaste 1 : 9 et de 1 Corinthiens 10 : 11, que l’histoire de la généra­tion suiv­ant celle qui con­nut le pas­sage du lieu Saint au lieu Très Saint, sera une répéti­tion com­binée des deux pre­mières histoires.

Par­lant des derniers temps, Paul dit :

« Or l’Esprit dit expressé­ment qu’aux derniers temps quelques-​uns apos­tasieront de la foi, s’attachant à des esprits séduc­teurs et à des enseigne­ments de démons.» (1 Tim­o­thée 4 : 1 — Darby)

À son tour, Ellen White mit l’église en garde con­tre les séduc­tions à venir, lesquelles vis­eraient à ren­verser les vérités qui furent établies et confirmées.

« Il est cer­tain qu’une chose se réalis­era bien­tôt, — la grande apos­tasie, qui se développe, grandit, et devient de plus en plus forte, et con­tin­uera ainsi jusqu’à ce que le Seigneur descende du ciel avec un grand cri. Il nous faut garder fer­me­ment les pre­miers principes de la foi de notre dénom­i­na­tion, et aller de l’avant d’une foi tou­jours plus forte. Il nous faut tou­jours garder la foi qui nous fut don­née par le Saint Esprit de Dieu, depuis les tous pre­miers événe­ments de notre expéri­ence, jusqu’au temps présent. Il nous faut à présent une foi plus large, plus pro­fonde et plus fer­vente dans les direc­tives de l’Esprit Saint. S’il nous a fallu des preuves man­i­festes de la puis­sance de l’Esprit Saint, pour con­firmer la vérité au tout début, après que le temps soit passé, il nous faut aujourd’hui toutes les évi­dences dans la con­fir­ma­tion de la vérité, alors que des âmes s’éloignent de la foi et s’attachent à des esprits séduc­teurs et à des doc­trines de démons. Il ne doit pas y avoir d’âmes lan­guis­santes à présent. » (Spe­cial Tes­ti­monies, Series B, no. 7, p. 57)

Con­sid­érons égale­ment ce qu’elle dit ici :

« L’ennemi des âmes a cher­ché à insin­uer la sup­po­si­tion qu’une grande réforme devait avoir lieu parmi les Adven­tistes du 7e Jour, et que cette réforme allait con­sis­ter à délaisser les doc­trines qui sont les piliers de notre foi, pour s’engager dans un proces­sus de réor­gan­i­sa­tion. Si cette réforme devait pren­dre place, quel en serait le résul­tat ? Les principes de vérité que Dieu, dans sa sagesse, a don­nés à l’église du reste, seraient aban­don­nés. Notre reli­gion serait changée. Les principes fon­da­men­taux qui ont soutenu l’œuvre pen­dant les cinquante dernières années seraient mis au compte de l’erreur. Une nou­velle organ­i­sa­tion serait établie. Des livres d’un ordre nou­veau seraient écrits. Un sys­tème de philoso­phie intel­lectuelle serait intro­duit. Les fon­da­teurs de ce sys­tème iraient dans les villes, et feraient une œuvre mer­veilleuse. Le sab­bat, bien sûr, serait pris à la légère, de même que le Dieu qui l’a créé. On ne per­me­t­trait à rien de s’opposer au nou­veau mou­ve­ment. Les dirigeants enseign­eraient que la vertu est préférable au vice, mais Dieu étant mis de côté, ils plac­eraient leur con­fi­ance dans la puis­sance humaine, qui, sans Dieu, n’a pas de valeur. Leur fon­da­tion serait posée dans le sable, et l’orage et la tem­pête en bal­aieraient la struc­ture.» (Spe­cial Tes­ti­monies, Series B, no. 2, p. 54, 55)

En plus d’avoir mis en garde con­tre les séduc­tions à venir, elle indi­qua — tout comme le fit l’apôtre Paul — quelle était la marche à suivre afin que la généra­tion future puisse hériter de la con­nais­sance salutaire :

« J’ai vu qu’avant de défendre de nou­veaux points impor­tants, qu’ils croient être soutenus par la Bible, les berg­ers devaient con­sul­ter ceux qui leur inspirent con­fi­ance […]» (Pre­miers Écrits, p.61.4)

Voulait-​elle dire que même des per­son­nes étant dans l’erreur devraient être con­sultées ? À quelle classe de per­son­nes faisait-​elle référence ? Elle pour­suit en indi­quant qu’il s’agissait de :

« […] ceux qui ont été à l’origine du mes­sage et qui sont fer­mes dans toute la vérité présente. C’est ainsi que les berg­ers seront par­faite­ment unis. Cette union sera ressen­tie par l’Eglise. Une telle manière de faire préviendrait des divi­sions et ne cour­rait pas le risque de trou­bler le pré­cieux trou­peau du Seigneur. On ne ver­rait pas de bre­bis dis­per­sées qui n’ont point de berg­ers.» (Idem)

La ques­tion que l’on pour­rait se poser serait : « com­ment puis-​je con­sul­ter ceux qui sont fer­mes dans toute la vérité présente étant donné qu’ils sont tous mort aujourd’hui ? » À cette ques­tion vient s’ajouter cette autre déclaration :

« J’ai été infor­mée au sujet des tromperies que Satan intro­duisit dans nos rangs à cette époque. Il m’a été mon­tré que nous devri­ons met­tre en avant le témoignage de cer­tains des anciens ouvri­ers qui sont à présent morts. Qu’ils con­tin­u­ent de par­ler au tra­vers de leurs arti­cles, tels que l’on peut les trou­ver dans les pre­miers numéros de nos revues. Ces arti­cles devraient à présent être réim­primés, afin qu’il y ait une voix vivante des témoins du Seigneur. L’histoire des pre­mières expéri­ences dans le mes­sage sera une puis­sance pour tenir bon face à la grande ingéniosité des tromperies de Satan. Cette instruc­tion m’a récem­ment été répétée. Il me faut présen­ter au peu­ple les témoignages de la vérité Biblique, et répéter les mes­sages incon­testa­bles don­nés il y a des années. » (Let­tre 99, 1905; E.G. White, Coun­sels to Writ­ers and Edi­tors, p. 26)

Mal­heureuse­ment, ce con­seil ne fut pas suivi. Tout comme les pas­teurs qui se détournèrent de l’enseignement qu’ils reçurent des apôtres, cer­tains pas­teurs — et même des mem­bres — de l’église Adven­tiste du 7e Jour, ont mis au compte de l’erreur « les principes fon­da­men­taux qui ont soutenu l’œuvre » de 1855 à 1905. Cet état de choses a placé nom­bre de croy­ants dans une sit­u­a­tion sim­i­laire à celle de la généra­tion de Juges 2 :10, 11. Autrement dit, beau­coup sont dans l’ignorance quant aux œuvres et aux enseigne­ments que Dieu a con­fié à son peu­ple depuis l’entrée de Michaël dans le lieu Très Saint du sanc­tu­aire céleste. Par con­séquent, nous déplorons aujourd’hui le fait que l’apostasie ait pris place au sein du peu­ple que Dieu avait choisi pour porter l’Évangile au monde.

Et si beau­coup se récla­ment des promesses que Dieu fit à son église, ils oublient générale­ment deux conditions :

« En nous remé­morant notre his­toire, ayant par­couru toutes les étapes de notre pro­gres­sion vers notre état actuel, je puis dire : » Loué soit le Seigneur ! » Alors que je con­sid­ère ce que le Seigneur a accom­pli, je suis rem­plie d’étonnement, et de con­fi­ance dans le Christ, notre chef. Nous n’avons rien à crain­dre de l’avenir, si ce n’est d’oublier la façon dont le Seigneur nous a con­duits, et Son enseigne­ment dans notre his­toire passée.» (Life Sketches of Ellen G. White, p.196.2 — Com­parez avec Événe­ments des Derniers Jours, p.59.3)

Par la pub­li­ca­tion des expéri­ences et des enseigne­ments qui assureront la paix à ceux qui les recevront, La Voix Vivante se posi­tionne donc comme une sen­tinelle pour l’église du reste, mais égale­ment pour le monde. Et par son effort pour rap­procher les généra­tions, ce min­istère sou­tient égale­ment l’œuvre d’Élie :

« Voici, je vais vous envoyer Élie, le prophète, avant que le jour grand et red­outable de l’Éternel vienne. Il ramèn­era le cœur des pères vers les enfants, et le cœur des enfants vers leurs pères, de peur que je ne vienne et que je ne frappe la terre d’interdit.» (Malachie 4 : 56)

Notre prière est que nous ne soyons plus comp­tés par ceux qui, en rai­son de leurs igno­rances, répon­dent :

«[…] Nous n’y marcherons point. […] Nous n’y serons point atten­tifs.» (Jérémie 6 : 16, 17)

L’Éditeur


[1] Sauf indi­ca­tion con­traire, toutes les cita­tions de la Bible sont tirées de la ver­sion Oster­vald 1996 et toute emphase est fournie.